Le monde englouti

le monde englouti ballard - Le monde englouti

  • Auteur : J.G.Ballard
  • Lu : janvier 2014
  • Ma note :
Dans un futur proche, des explosions solaires ont provoqué une canicule permanente et une catastrophique élévation du niveau des océans. L’Angleterre est devenue une mosaïque de marécages, de bancs de vase et de lagunes que baigne un climat tropical. C’est dans un Londres dont il ne reste que le sommet des plus hautes tours que le biologiste Robert Kerans va rencontrer la riche Béatrice Dahl et tenter de survivre à la fin du monde. À moins que son but soit tout autre…

 Mon avis

Première lecture de l’année, premier abandon. Malgré la brièveté du livre, je n’ai pu lutter contre un ennui croissant. Bizarrement, j’ai plutôt accroché en démarrant cette lecture, mais assez rapidement, l’ennui m’a saisie de sa main sournoise. Nous sommes assez vite plongés dans l’atmosphère poisseuse et caniculaire du roman. L’équateur est devenu invivable, le climat équatorial a atteint l’Europe, et seuls les Pôles permettent aux populations de survivre dans un climat plus propice.

Les personnages du Monde englouti sont eux-mêmes englués dans un état proche de celui du légume. Leurs derniers vestiges d’initiative et de volonté les poussent à rester dans les lagunes qui recouvrent Londres au lieu de partir vers des régions plus saines. La menace d’une dégradation du climat ne les rebute pas, semblant faire fi de leur mort prochaine. On ne comprend pas leurs motivations, leur état d’esprits, leurs réactions sont illogiques, manquent totalement de cohérence. Trois survivants ayant décidé de vivre leurs derniers moments « ensemble », vivent finalement comme des voisins, chacun chez soi, se fréquentant plus ou moins. Tandis que la Terre retrouve le climat de ses premiers millénaires, avec une faune et une flore aussi exubérantes qu’étonnantes, les humains semblent pris dans le piège de la régression mentale. La moiteur permanente les endort et leur donne l’impression d’avoir retrouvé leur placenta. Rien de moins. On repart à l’envers et on rejoint le ventre maternel, parce que finalement c’est vrai qu’on y était bien.

Je n’ai pas spécialement été intéressée par le sort de ces trois zigotos, la curiosité m’a cruellement fait défaut sur ce coup-là. Les descriptions sont minutieuses, mais répétitives, l’environnement a plus d’intérêt et de profondeur que les personnages eux-mêmes. La tentative de l’auteur de les dessiner à coup de délires psychanalytiques y est certainement pour quelque chose. L’aspect onirique ne m’a même pas touchée, à ce stade de l’ennui on n’est plus sensible à grand-chose. Je ne dirai rien sur le final, je n’ai pas eu la patience d’aller jusque là, mais 78 % du livre, c’est déjà pas si mal, quand on s’ennuie.