
- Auteur : Anne-Catherine Blanc
- Ma note :
- Lu : 10/2014
Il y a très longtemps, j’ai renié mes eaux profondes en regardant couler le fleuve.
Môme du bidonville, j’ai connu la rue, la faim. Mes jours, mes nuits tendent vers un but : survivre. Pour moi, c’est une promotion de servir dans un bordel miteux, esclave de ces dames et d’une taulière décatie.
Méfiance ! Son nouveau client est une toute-puissante ordure. Cette fois, notre Mamá a visé trop haut.
Faute d’y laisser ma peau, je dois les défendre, elle, la Chica et la Maria. Peu m’importe que les petites soient les proies d’un trafic abominable : les états d’âme sont un luxe hors de ma portée.
D’ailleurs, si je m’attendris, je plongerai dans le lac obscur des yeux de la Maria, qui reflètent mes propres abîmes.
Mais face à Don Jaime, je ne fais pas le poids.
Je n’ai pas non plus la force de refouler les eaux sombres de la mémoire. Inexorablement, elles m’entraînent vers le fleuve.
Mon avis
Les plus âgés fidèles d’entre vous se souviendront peut-être de mon engouement pour les précédents livres d’Anne-Catherine Blanc. Bien que différents l’un de l’autre sur bien des points, L’astronome aveugle et Moana Blues avaient été d’énormes coups de cœur. Avec Les chiens de l’aube, l’auteur nous administre une nouvelle baffe littéraire dans la tronche. Si j’osais, je dirais que ce dernier-né est un poil de nez au-dessus des deux autres. Oui, carrément, et je reste sobre. Lire la suite Les chiens de l’aube
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