Anne Perry

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Photo © Carole Rannou 2013

Non, vous ne rêvez pas, Anne Perry, la maman de William Monk a accepté de répondre à mon petit questionnaire du lecteur. Sa présence à la Comédie du Livre de Montpellier en juin dernier ne m’avait pas échappé et je n’ai pas hésité à braver la pluie et les 2 heures de route pour la rencontrer. L’occasion également d’assister à une table ronde pour les 30 ans de la collection Grands Détectives de 10/18, en présence de la dame, donc, mais aussi d’Odile Bouhier, créatrice du personnage Victor Kolvair, dont je reparlerai prochainement sur ce blog.

Quand, comment et pourquoi en êtes-vous venue à la lecture ? Y a-t-il eu un déclic, ou est-ce « depuis toujours » ?

J’ai commencé à lire entre 3 et 4 ans. Pourquoi ? Par curiosité. « Qu’est-ce que ça dit ? », « Comment ça le dit ? »

Quel est votre moment idéal pour lire ?

Les dimanches après-midi et n’importe quand avant de dormir.

Quel est votre endroit préféré ? (lit, fauteuil, bain, parc…)

Au lit.

Créez-vous ou avez-vous besoin d’une ambiance particulière pour lire ? (musique, calme, un chat sur les genoux…)

Du silence, mais un chat sur les genoux c’est bon aussi.

Qu’est-ce qui influence le plus vos choix de lecture ? (Internet, presse, entourage, l’actualité des confrères…)

Le thème abordé, des auteurs que j’aime, et une bonne critique sur le thème traité.

Lisez-vous parfois les blogs de lecteurs pour trouver des idées de lecture ?

Pas encore, et probablement pas dans le futur !

Pouvez-vous lire plus d’un livre à la fois ?

Je peux lire un livre dans le cadre de recherche/documentation et lire un autre pour le plaisir en même temps.

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Nous étions les Mulvaney

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  • Auteur : Joyce Carol Oates
  • Ma note :   
  • Lu : mai 2013

À Mont-Ephraim, petite ville de l’État de New York, tout le monde connaît les Mulvaney, leur bonheur et leur réussite. Michael, le père, d’origine modeste, a su à force de travail se faire accepter par la bonne société de la veille. Grâce à sa femme qu’il adore, la ferme qu’ils habitent est un coin de paradis, une maison de contes de fées où, au milieu d’une nature splendide, entourés de chiens, de chats, d’oiseaux, de chevaux – et immensément d’amour -, leurs trois fils et leur fille Marianne vivent une enfance inoubliable. Jusqu’au drame de la Saint-Valentin 1976, qui vient mettre un terme à cette existence idyllique, fait voler la famille en éclats et marque à jamais chacun de ses membres…

 Mon avis

Voici le 6e livre que je lis de Joyce Carol Oates. Le premier m’avait enchantée, celui-ci m’émerveille. Je le trouve encore au-dessus des Chutes, c’est dire. Dans ce dernier, elle nous relatait le destin d’une femme, avec ses bonheurs, ses malheurs, une vie de femme totalement inintéressante en elle-même, mais l’écriture et la sensibilité de l’auteur avait rendu la chose absolument fascinante et captivante. Avec Nous étions les Mulvaney, c’est le même principe adapté à une famille entière. Mais en mieux.

Le récit est raconté par le petit dernier de la famille, Judd, trentenaire, journaliste de presse écrite. Il nous rapporte ce que qu’était la vie au sein de la famille Mulvaney avant et après sa naissance, compile ses propres souvenirs, les souvenirs de ses parents et frères et sœur, et nous propose un récit assez inattendu dans sa forme. Le style en est déroutant, les flashbacks se succèdent, sans ordre précis, un événement nous est annoncé avant d’être interrompu par une séries d’anecdotes, de digressions, et de flashbacks. La structure donne l’impression d’un gros fouillis, et n’est pas sans rapport avec le patchwork dont il est plus tard question dans l’histoire, car si les membres de la famille ont des « vies en patchwork », le récit lui-même est un assemblement de petits bouts de vies, recollés en vrac. Et pourtant, ce qui aurait du me rebuter, sous la plume de Joyce Carol Oates, devient un véritable enchantement d’une clarté confondante. Elle donne vie à une famille entière, et détaille les caractères de chacun, leur histoire, leur comportement. Les Mulvaneys sont attachants dès le début. Ils sont jeunes, beaux à leur manière, la mère un peu trop portée sur Jésus, mais trop choupinette dans sa naïveté de croyante pleine d’optimisme et de bonnes intentions, les enfants avec leurs caractères bien distincts, et avec leurs ressemblances, parfois, et le père, le self-made man par excellence, emblème de la réussite à l’américaine, joyeux père de famille travailleur et aimant. Tout ce petit monde vit en harmonie dans une jolie maison peuplée de chats, de chiens, de canaris. Ils sont des membres de la famille à part entière, et suivent les Mulvaney dans leur déboires jusqu’à la fin. Vous l’aurez compris, les Mulvaney représentent la famille idéale, les Ingalls des années 70, mais la mièvrerie en moins.

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