Liverpool, le 11 mai 1889. James Maybrick succombe à une maladie dont les médecins ne savent déterminer la nature ni la cause. Florence, sa jeune épouse américaine, est immédiatement soupçonnée de l’avoir empoisonné à l’arsenic. Mais cette substance est aussi l’ingrédient majeur des remèdes et toniques consommés par son mari depuis sa jeunesse… Florence est accusée de meurtre et appelée à comparaître. Férocement débattue au tribunal et relayée en « une » des principaux journaux, cette affaire riche en rebondissements et en polémiques a retenu l’attention de la population pendant des mois. À travers la reconstitution d’un fait divers retentissant, Kate Colquhoun analyse avec une grande finesse les paradoxes et dilemmes qui marquèrent la société anglaise de la fin de l’ère victorienne.
Mon avis
Je ne connaissais pas Kate Colquhoun, mais j’avais lu et beaucoup aimé L’affaire de Road Hill House, de Kate Summerscale, dans le même genre. Nous avons là un fait divers survenu à Liverpool en 1889 : une jeune Américaine est accusée d’avoir empoisonné son mari Anglais à l’arsenic.
Dans l’orphelinat de Saint Cloud’s, l’excentrique Dr Larch officie de manière très spéciale. Il assure » l’œuvre de Dieu » en mettant au monde des enfants non désirés et réalise » la part du diable » en pratiquant des avortements clandestins. Homer Wells, le protégé de Wilbur Larch, ne se voit pas vivre ailleurs qu’à Saint Cloud’s. Auprès de ce dernier, il va apprendre le » métier « , et peu à peu tracer son chemin en s’éloignant avec audace des plans du docteur. Mais s’il part, saura-t-il s’adapter ?
Mon avis
Mon premier Irving. Mon premier auteur en « I ». Gros sujet, gros pavé. Le docteur Wilbur Larch administre un orphelinat du Maine au début du XXe siècle, assisté par deux infirmière dévouées, Edna et Angela. Obstétricien, Larch met au monde des orphelins, mais sa conscience le pousse aussi à enfreindre la loi en pratiquant des avortements illégaux, du moment que la vie de la mère n’est pas mise en danger.
La boucle est bouclée ! Après le gros flashback de Silo – Origines, on retombe sur nos pattes avec un Silo 18 encore sous le choc des derniers événements, et un Silo 1 dénué de tout scrupule. Juliette, élue maire malgré elle, entend bien profiter de ce privilège pour sauver son Silo, tandis que Donald et Charlotte, toujours plus ou moins clandestins, tentent de trouver une solution pour rompre le cycle et changer le destin des habitants des silos. Le rythme s’accélère, il faut agir vite, la conclusion est proche. Le huis-clos est toujours aussi efficace, la tension monte au fil des pages et les possibilités de survie ne sont pas légion, chacun lutte de son côté, face à la mégalomanie d’un seul homme. Mensonges, désinformation, manipulation, une recette qui a fait ses preuves durant des siècles, mais qui finalement n’a pas empêché quelques esprits curieux de s’éveiller et de s’interroger, remettant ainsi en question le plan initial, inimaginable. Une conclusion à la hauteur des deux premiers volumes, pleine de rebondissements et d’action, d’angoisse et de suspens. Une trilogie coup de cœur !
Il y a très longtemps, j’ai renié mes eaux profondes en regardant couler le fleuve. Môme du bidonville, j’ai connu la rue, la faim. Mes jours, mes nuits tendent vers un but : survivre. Pour moi, c’est une promotion de servir dans un bordel miteux, esclave de ces dames et d’une taulière décatie. Méfiance ! Son nouveau client est une toute-puissante ordure. Cette fois, notre Mamá a visé trop haut. Faute d’y laisser ma peau, je dois les défendre, elle, la Chica et la Maria. Peu m’importe que les petites soient les proies d’un trafic abominable : les états d’âme sont un luxe hors de ma portée. D’ailleurs, si je m’attendris, je plongerai dans le lac obscur des yeux de la Maria, qui reflètent mes propres abîmes. Mais face à Don Jaime, je ne fais pas le poids. Je n’ai pas non plus la force de refouler les eaux sombres de la mémoire. Inexorablement, elles m’entraînent vers le fleuve.
Mon avis
Les plus âgés fidèles d’entre vous se souviendront peut-être de mon engouement pour les précédents livres d’Anne-Catherine Blanc. Bien que différents l’un de l’autre sur bien des points, L’astronome aveugleetMoana Blues avaient été d’énormes coups de cœur. Avec Les chiens de l’aube, l’auteur nous administre une nouvelle baffe littéraire dans la tronche. Si j’osais, je dirais que ce dernier-né est un poil de nez au-dessus des deux autres. Oui, carrément, et je reste sobre. Lire la suite Les chiens de l’aube→
À la veille de ses seize ans, Kevin Khatchadourian exécute neuf personnes dans son lycée. À travers des lettres au père dont elle est séparée, sa mère retrace l’itinéraire meurtrier de leur fils. Un roman coup-de-poing, violent, complexe, qui s’attaque aux pires des tabous.
Mon avis
We need to talk about Kevin est également un film dont j’avais vaguement entendu parler lors d’un festival de Cannes de je ne sais plus quelle année. Sur le point de le visionner, j’ai réalisé qu’il était basé sur un best-seller, dont je n’avais pas entendu parler. Oui, je suis à la pointe de l’info !
J’ai donc lu le livre avant visionnage, et ô stupeur ! prends-toi une baffe dans la tronche. Oui, ce livre est une baffe dans la tronche. Tout d’abord, l’auteur, comme son nom de l’indique pas, est une femme. Le contraire m’aurait inquiétée, tant le ressenti de la narratrice est d’une rare profondeur. Un homme aurait eu du mal à rentrer dans l’esprit d’une femme aussi profondément.
Le 1er août 1914, le jour où l’Europe entre en guerre, le trois-mâts l’Endurance quitte Plymouth. Le but de l’expédition ? Traverser l’Antarctique. Mais, au-delà du 60e parallèle sud, les glaces se referment sur le bateau qui va lentement dériver pendant neuf mois. L’Endurance finit par se briser et Shackleton donne l’ordre à ses hommes d’évacuer le navire. Ils vont devoir survivre aux orques, aux tempêtes, au froid et à la faim avant de pouvoir enfin atteindre une terre : l’île de l’Éléphant. Mais l’hiver arrive et les chances de survie sont presque inexistantes. Shackleton et cinq hommes décident alors de partir sur le James Caird, l’un des canots de secours de l’Endurance, pour tenter de rejoindre la Géorgie du Sud. Une navigation aléatoire de 1 500 km au cœur des 50e hurlants. Les six hommes réussiront contre toute attente et leur exploit restera légendaire. Mais il leur faudra encore affronter les montagnes escarpées de Géorgie du Sud avant de pouvoir enfin déclencher les secours et réunir tout l’équipage sain et sauf. Le récit de Sir Ernest Shackleton, agrémenté des photos de Frank Hurley, offre un témoignage bouleversant.
Mon avis
Envoûtée par ces aventures polaires, j’ai enchaîné avec L’odyssée de l’Endurance, qui relate la 4e expédition britannique en Antarctique du XXe siècle. Le pôle Sud ayant été atteint en décembre 1911 par le Norvégien Amundsen, et Shackleton ayant toujours le goût de l’aventure, il ne lui reste plus qu’à tenter la traversée du continent, de la mer de Weddel à l’île de Ross, via le pôle Sud. C’est avec l’Endurance, navire conçu spécialement pour des voyages polaires, qu’il se rend en mer de Weddell, plein d’espoirs. Hélas, la tentative échouera bien vite, car l’équipe n’atteindra jamais la terre. L’Endurance restera bloqué par les glaces durant plusieurs mois, à la dérive, avant de finir broyé.
Ça sent la fin….
Désormais privés de leur « foyer », Shackleton et ses hommes vont continuer leur dérive au gré des mouvements des glaces, à la merci des baleines, du froid, de la faim. Leur seul espoir, dériver en direction des dernières îles de la péninsule antarctique, avant d’atteindre l’Atlantique Sud et de perdre leur dernière chance de survie. La plus grande partie de leurs vivres ayant été perdue avec l’Endurance, le rationnement s’impose. Shackleton, fidèle à lui-même, à plusieurs plans, auxquels il devra renoncer à chaque nouveau changement climatique. Finalement, la rupture des glaces menaçant, l’équipe poursuivra son avancée dans les canots, échappant ainsi à la laborieuse et harassante marche sur la glace, mais surexposée aux températures glaciales (dans les -20° !), car trempée en permanence. Malgré le froid, la faim, l’épuisement, tout le monde semble suivre leur chef dans son optimisme, malgré un moral parfois fluctuant vu les conditions inhabituelles. Shackleton finit par opter pour l’île de l’Éléphant, un minuscule bout de terre qui leur permettra de souffler et d’établir leur camp sur un sol stable et sécurisant. Ils y parviennent au bout de sept jours de navigation.
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