Feuille de route #21

fdr 21 mini - Feuille de route #21 Depuis sa création en 2005 le rythme du blog est 1 livre = 1 billet.
Néanmoins il m’arrive de manquer de temps et j’ai opté pour le principe du bilan inspiré par Acr0 Livrement.
Vous ne trouverez donc ici que mes impressions de lecture jetées en vrac, le plus souvent à froid. Le rythme des publications de ce pense-bête est aussi irrégulier qu’aléatoire.


Suite à un été précoce et tardif excessivement chaud (pour moi l’excès commence à 23°), un emploi du temps chargé avec peu de week ends, et une migraine devenue chronique, j’ai dû délaisser ce blog plusieurs semaines (euphémisme !). Flemme, fatigue, démotivation et manque de temps, tout à la fois ou aléatoirement, ont eu raison de moi. Mon rythme de lecture est déjà au ralenti depuis le début de l’année et cela ne s’est pas arrangé ces derniers mois. Néanmoins, j’ai lu, lentement mais sûrement, à la faveur de lunettes pour vieille pour la vision de près, qui commençaient à me faire défaut. Je revois, je revis !

Voici donc un aperçu aussi bref que succinct de mes dernières lectures.

Métro 2033 – #1

metro2033

  • Auteur : Dmitri Glukhovski
  • Ma note :
  • Lu : juillet 2018

Ayant lu et adoré FUTU.RE du même auteur, je me suis dit qu’il serait de bon goût de découvrir sa trilogie Métro. Loin de l’égaler, Métro 2033 n’en reste pas moins un livre prenant et sombre, un roman initiatique hallucinant, où le héros évolue dans le vase clos constitué par les lignes du métro de Moscou, condamné et coupé d’un monde désormais détruit et radioactif. La carte incluse aide à se représenter le chemin parcouru par le jeune Artyom, et on suit ses péripéties avec intérêt.


La Porte de cristal – Les livres de la Terre fracturée #2

la porte de cristal

  • Auteur : NK Jemisin
  • a note :
  • Lu : juillet 2018

La cinquième saison, premier tome de cette trilogie avait été un coup de cœur, mais ce second volet est clairement un interlude à un final que j’espère à la hauteur de mes espérances. Ici point trop d’errances, si le premier tome nous baladait d’un lieu à l’autre, d’une époque à l’autre, ici les champ des possibles est plus restreint. Nassun grandit et voit son don croître avec le temps, tandis que la haine de son père envers ses semblable ne s’atténue pas. Essun, réfugiée dans une nouvelle comm avec Albâtre, ne songe plus (trop) à retrouver sa fille. Elle a plus important à faire pour préparer l’avenir. L’une comme l’autre évolue vers une conclusion que j’espère vraiment apocalyptico-spectaculaire.


Autonome

autonome

  • Auteur : Annalee Newitz
  • Ma note
  • Lu : juillet 2018

Lâchement abandonné en cours de route, Autonome est un roman qui m’a laissé assez peu de souvenirs. Notez que le mois de juillet, c’est loin pour moi ! J’ai eu du mal à accrocher et pas mal d’aspects m’ont rapidement gênée/ennuyée/fatiguée/désintéressée (barrez la mention inutile). Une sensation de confusion, de bazar désorganisés et de personnages sans intérêt et mal fichus, l’évocation lourdingue d’une possible sexualité entre humains et robots (hein ?) ont eu raison de ma concentration. Bref, j’ai abandonné.


Métro 2034 – #2

metro2034

  • Auteur : Dmitri Glukhovski
  • Ma note :
  • Lu : juillet 2018

Ce second tome de Métro m’a nettement moins emballée que 2033. On reprend le même univers, plus ou moins les mêmes problématiques, le personnage d’Hunter revient d’entre les morts tandis que celui d’Artyom disparaît (jusqu’au tome suivant, paraît-il). Le monde du métro moscovite est toujours aussi glauque et inquiétant, mais l’intrigue m’a paru inégale dans son développement, avec quelques passages à vide. Mon intérêt a été réveillé vers la fin mais dans l’ensemble, si on le compare au premier, c’est un poil moins réussi, même si la lecture fut assez plaisante.


Meijo – Le Sentier des astres #3

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  • Auteur : Stefan Platteau
  • Ma note
  • Lu : août 2018

Après Manesh et Shakti, Stefan Platteau nous régale du 3e tome de ce qui devait être une trilogie et qui sera finalement une tétralogie. Youpi ! On retrouve nos protagonistes en bien mauvaise posture, tandis que Shakti développe son histoire avec Meijo, son intriguant amant. Le danger rôde et le sentier des astres n’est pas loin. Le suspens et l’action sont ralentis par le récit de Shakti et sa position semble de plus en plus incertaine. On a hâte voir ce que nous réserve l’auteur pour le tome suivant, qui sauf erreur de ma part doit être le dernier. La plume toujours exceptionnelle de Platteau est un véritable enchantement.


Ça 1

ça1

  • Auteur : Stephen King
  • Ma note :
  • Lu : juin 2018

Je me suis fait violence pour ne pas me jeter sur la dernière adaptation de Ça, car je n’avais toujours pas lu le livre. Honte.
J’ai comblé ma lacune avec la première partie, non sans une certaine appréhension, car ayant été déçue par Le Fléau, roman pourtant culte de King, je craignais la même avarie avec cette lecture. Heureusement il n’en est rien, et j’espère lire la seconde partie avant d’avoir oublié la première.


Les prénoms épicènes

prenoms epicenes

  • Auteur : Amélie Nothomb
  • Ma note :
  • Lu : septembre 2018

Ce Nothomb-là n’est pas sans rappeler le Nothomb 2017, Frappe-toi le cœur. Les prénoms épicènes met en scène une histoire de couple, de famille, de maternité et de paternité. Une histoire de vengeance très laide, et très froide, une vengeance méthodique sur le long cours. Une histoire de génération et de résilience. Le tout en peu de mots, mais en mots justes et précis. Ce qui fait le charme et le talent de Nothomb, c’est sa concision de plus en plus…concise ! Si certains crient à l’imposture et à l’escroquerie, j’admire pour ma part la capacité d’en dire autant avec si peu, ce souci permanent du mot juste. Une histoire cruelle de vengeance un peu rance à force d’être froide.


Retour sur Titan

retour sur titan

  • Auteur : Stephen Baxter
  • Ma note :
  • Lu : septembre 2018

Je découvre Baxter avec cette novella et c’est tant mieux car depuis le temps que cet auteur me titille il fallait que je m’y mette ! De la Hard SF avec une bonne dose de Sense of Wonder, où l’auteur fait preuve d’une imagination folle et réussit à décrire l’inconcevable. Imaginer une forme de vie qui ne serait pas basée sur le carbone est une prouesse. Pas de doute, ça fait rêver et je regrette juste la brièveté du récit. Vu l’étendue de l’œuvre de Baxter j’ai encore de quoi explorer. Joie.


Iron Gold, Livre I – Red Rising #4

iron gold I

  • Auteur : Pierce Brown
  • Ma note :
  • Lu : septembre 2018

Attendue avec fébrilité depuis l’annonce faite par l’auteur lui-même il y a déjà un bon moment, la suite de la trilogie Red Rising est enfin là ! Ce 4e tome, tristement divisé en deux parties, se déroule dix ans après la fin de Morning Star, autant dire que l’eau a coulé sous les ponts. On retrouve les personnages de la première trilogie tandis que de nouveaux héros font leur apparition. L’action démarre rapidement mais le découpage en deux parties, quand on n’a pas encore les deux, m’a laissée sur ma faim. Un peu frustrant à ce niveau-là mais un sacré bon début qui annonce de belles aventures et mésaventures.


Les attracteurs de Rose Street

attracteurs de rose street

  • Auteur : Lucius Shepard
  • Ma note :
  • Lu : septembre 2018

Lucius Shepard est lui aussi un auteur que je souhaitais découvrir depuis longtemps. Cette novella à l’ambiance gothique qui se déroule dans un cadre victorien avait déjà tout pour me plaire. La plume de Shepard m’a emballée et son récit ne m’a pas laissée indifférente. Un peu de paranormal plus ou moins justifié de manière scientifique, fantômes et vengeance, un contexte assez glauque mais ô combien fascinant.

Feuille de route #20

fdr 20 mini - Feuille de route #20 Depuis sa création en 2005 le rythme du blog est 1 livre = 1 billet.
Néanmoins il m’arrive de manquer de temps et j’ai opté pour le principe du bilan inspiré par Acr0 Livrement.
Vous ne trouverez donc ici que mes impressions de lecture jetées en vrac, le plus souvent à froid. Le rythme des publications de ce pense-bête est aussi irrégulier qu’aléatoire.


 

Annihilation – Le rempart sud #1

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  • Auteur : Jeff VanderMeer
  • Ma note :
  • Lu : mars 2018

À l’annonce de la sortie du film sur Netflix, je me suis ruée sur le livre, premier tome d’une trilogie. Autant dire que cette introduction m’a laissée perplexe. Trop floue et trop introductive, cette première partie est racontée par l’héroïne, avec toute la subjectivité que cela implique. Ambiance aussi nébuleuse qu’opaque, les questions s’accumulent sans trouver de réponse. Le roman est assez court mais j’ai trouvé le moyen de m’ennuyer. Le profil psychologique de la narratrice laisse planer le doute quant à sa fiabilité, on se doute que sa perception des choses et de son environnement est biaisée, mais hélas aucune réponse ne permet au lecteur d’en apprendre plus. Bref, trop nébuleux pour capter mon intêret et me donner envie de lire la suite.


Planetfall – Planetfall #1

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  • Auteur : Emma Newman
  • Ma note :
  • Lu : mars 2018

La suite du début du retour de la vengeance. J’avais lu le second roman de la trilogie After Atlas, en février dernier. J’ai donc enfin lu le début, mais après ! Sachant que chaque roman est indépendant ce n’est pas bien grave. Néanmoins, j’ai ouï dire que le 3e tome est la pièce du puzzle qui explique pas mal de choses, il vaut donc mieux dans tous les cas lire le troisième en dernier. Planetfall se déroule sur une planète lointaine, où une colonie humaine a élu domicile. Les raisons qui ont poussé ces colons à quitter la Terre pour toujours sont en grande partie mystiques et religieuses. Leur foi en leur périple n’a d’égal que la foi de leur guide Lee Suh-Mi en sa propre destinée. L’aspect religieux et tout ce qui peut en découler, et principalement une foi aveugle en toute circonstance, est le moteur de toute l’intrigue. Le personnage de Renata, la narratrice, est un superbe portrait de femme ravagée par le remords et que le poids du secret détruit à petit feu. On sent poindre l’explication mais toujours l’autrice parvient à entretenir le clé de l’intrigue sans trop en dire.

La domination par la religion, le poids de la trahison, les motivations vitales qui peuvent mener aux pires des mensonges sont les thèmes habilement développés autour d’un personnage tout aussi fouillé et subtil. Renata est dépeinte dans toute sa complexité et ses faiblesses, la scène où son secret est révélé est insupportable d’injustice et pour moi cela s’apparente à un viol (oui, j’ose le dire). Un roman de SF centré sur un personnage attachant et profond, et met en avant les dangers d’une foi aveugle (pléonasme).


La forêt sombre – Le problème à trois corps #2

foret sombre - Feuille de route #20

  • Auteur : Liu Cixin
  • Ma note :
  • Lu : avril 2018

En octobre 2016, j’ai lu le premier tome de la trilogie Le problème à trois corps, autant dire que c’est loin, à mon échelle. Je me suis remise dans le bain avec joie et je ne regrette pas. Déjà enthousiaste avec le premier volume, cette suite m’a conquise. Sa thématique centrale, comment faire face à la menace d’une invasion extra-terrestre sachant que l’envahisseur a la capacité de bloquer toute avancée technologique, et que celui-ci est bien décidé à tout faire péter pour planter sa tente sur Terre ? Je vous le demande ? L’Humanité dispose de quelques siècles pour trouver une solution, mais face à la supériorité évidente de son ennemi, c’est bien peu. Le roman se déroule sur plusieurs siècles, avec de longs hiatus. Le personnage principal est l’un des rares témoins (et vaguement acteur) des avancées de l’Humanité. Si les premières pages donnent un indice crucial à la compréhension du roman, sinon carrément LA clé, le fin mot de l’histoire ne nous est dévoilé que dans les dernières pages. La puissance du propos, le déroulement de l’intrigue, habile et parfaitement maîtrisé, et la variante au paradoxe de Fermi qui nous est proposé, m’ont subjuguée. J’attends la suite et fin avec fébrilité.


Carbone modifié – Takeshi Kovacs #1

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  • Auteur : Richard Morgan
  • Ma note :
  • Lu : juin 2018

Là aussi, j’ai voulu lire la bête avant de voir son adaptation sur Netflix. J’ai lâchement abandonné à 50%. J’ai lu avec plaisir cette première moitié, mais en cours de route j’ai acheté un livre qui me faisait très envie là tout de suite, du coup je n’ai pas résisté à la tentation de l’abandon. Je pense que cela est tout de même significatif d’un début de manque d’intérêt pour celui-ci. Par conséquent je ne pense pas le reprendre, ma PAL étant déjà bien conséquente. Mais qui sait ?


L’enfant de poussière #1

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  • Auteur : Patrick K.Dewdney
  • Ma note :
  • Lu : juin 2018

Voici donc le livre pour lequel j’ai abandonné Carbone modifié ! Aperçu sur Facebook, j’ai fouillé rapidement la chose et la quatrième de couverture, comportant les avis de Gromovar et de Just A Word a suffi à me convaincre. Achat immédiat, ajout à ma PAL dans les trois jours, et je m’y suis plongée aussi sec ! Il s’agit du premier tome d’une série qui en comptera sept, rien de moins. L’enfant de poussière met en scène un orphelin de huit ans, Syffe, dans un monde d’inspiration médiévale, à la société complexe, menacé par des chamboulements politiques et baigné d’une vague et lointaine aura de magie, à la manière d’un certain George R.R.Martin. Si l’intrigue est en béton, si les personnages sont attachants, complexes, la plume de l’auteur est sans doute ce qui fait ici la différence. J’ai beaucoup pensé à la série Le sentier des Astres, de Stefan Platteau, pour ce souci permanent du mot juste, de la phrase parfaite, de la description percutante. Le style est superbement travaillé, sans lourdeur ni fioriture pour autant. On suit avec un intérêt jamais essouflé les péripéties de Syffe, ponctuées de trahisons, de mensonges, de morts subites. C’est la classe absolue messieurs dames.


L’évangile cannibale

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  • Auteur : Fabien Clavel
  • Ma note :
  • Lu : juin 2018

Découverte d’un auteur fort connu et reconnu dans le milieu de l’imaginaire avec cette histoire de zombies. Des vieux, des zombies, de l’humour noir et un narrateur détestable, de quoi donner envie. En tout cas, à moi ! Le vieux Mathieu est un horrible papy mysanthrope qui a de bonnes raisons de l’être, et il est délicieusement détestable. Sa clique de grabataires en cavale est aussi improbable que comique. L’horreur des situations est en parfait décalage avec le ton du narrateur, et l’auteur en profite pour dire quelques vérités sur la vieillesse et le traitement que peuvent subir les plus âgés.

Dans l’ensemble, j’aurais pu dire que ce court roman était une sympathique et divertissante interprétation de l’apocalypse zombiesque, bourrée d’humour et de phrases percutantes, mais hélas, l’enthousiasme est tombé brutalement lors d’un passage dans les jardins du Luxembourg. On voit que l’auteur a essayé de garder le ton, mais la glauquitude de l’épisode m’a plus écœurée qu’autre chose. L’humour pourtant toujours omniprésent n’a pas suffi à maintenir le second degré qui jusque là fonctionnait bien. Je ne suis pourtant pas bégueule, mais cette scène est juste sale. Bref, cela a suffi pour éteindre mon intérêt pour l’histoire.


Homo vampiris

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  • Auteur : Fabien Clavel
  • Ma note :
  • Lu : juin 2018

Pour ne pas rester sur cette sale impression j’ai tout de même lu Homo Vampiris, toujours de Fabien Clavel. Dans un tout autre registre, l’auteur donne sa vision du mythe du vampire, avec efficacité. Dans un futur proche, où l’on devine les dramatiques conséquences du réchauffement climatique, des castes de vampires sont menacées par un ordre religieux unique. Une “jeune” vampire jusque là isolée est prise sous l’aile d’un petit groupe de vampires. Une guerre qui la dépasse commence entre son espèce et son pire ennemi. L’auteur mélange les genres, mais pour moi sans succès. Fantastique, SF, thriller, anticipation, ce dernier aspect est purement anecdotique et sous-exploité. Le démarrage est un peu lent car l’auteur met en place ses nombreux personnages, mais la suite garde un bon rythme et on prend plaisir à suivre le fil de l’intrigue. Il paraît qu’il ne s’agit pas d’un roman de bit-lit, mais j’ai quand même eu la sensation de lire un roman pour ado. La galerie de personnages un peu trop stéréotypés, les scènes sexy, le final un peu trop mystique à mon goût, voire tiré par les poils du loup-garou, plusieurs défauts qui feront que ce roman ne restera pas dans mes annales, même si sa lecture ne fut pas désagréable.

Dans la toile du temps

dans la toile du temps 1 e1525787743105 - Dans la toile du temps

  • Auteur : Adrian Tchaikovsky
  • Ma note :     
  • Lu : mai 2018

La Terre est au plus mal… Ses derniers habitants n’ont plus qu’un seul espoir : coloniser le «Monde de Kern», une planète lointaine, spécialement terraformée pour l’espèce humaine. Mais sur ce «monde vert» paradisiaque, tout ne s’est pas déroulé comme les scientifiques s’y attendaient. Une autre espèce que celle qui était prévue, aidée par un nanovirus, s’est parfaitement adaptée à ce nouvel environnement et elle n’a pas du tout l’intention de laisser sa place. Le choc de deux civilisations aussi différentes que possible semble inévitable. Qui seront donc les héritiers de l’ancienne Terre? Qui sortira vainqueur du piège tendu par la toile du temps?

Premier roman de l’auteur paru en France, Dans la toile du temps s’inscrit dans la lignée du cycle de L’Élévation de David Brin. Il nous fait découvrir l’évolution d’une civilisation radicalement autre et sa confrontation inévitable avec l’espèce humaine. Le roman a reçu le prix Arthur C. Clarke en 2016.

mon avis

Auteur reconnu et expérimenté, Adrian Tchaikoksky m’était totalement inconnu avant ce livre-ci. Publié chez Denoël et excellemment traduit par Henry-Luc Planchat, il s’agit donc pour moi d’une découverte totale.

Dans un futur très lointain, alors que la terraformation est devenue possible, la docteure Avrana Kern est sur le point de procéder à la phase la plus importante de son projet. Disséminer une population de singes sur le “monde de Kern”, puis répandre un nanovirus destiné à accélérer et aiguiller l’évolution des primates.

Le monde de Kern

Les premières scènes du roman m’ont fortement fait penser à 2001 A space odyssey d’Arthur C.Clarke : le peuple de singes, le nanovirus censé les guider, le nom du satellite de surveillance, Sentinelle, sont un hommage flagrant au chef-d’œuvre de Clarke. De quoi me rendre sympathique ce récit dès les premières pages.

Suite à une mutinerie, la docteure Kern se voit contrainte d’entrer en hibernation dans la Sentinelle, et de surveiller elle-même l’évolution de l’expérience. Ce qu’elle ignore, c’est que ses singes n’ont pas atteint la planère verte.

Dès lors, l’auteur divise son récit en deux narrations parallèles et met en scène une espèce d’araignée, la Portia Labiata, “victime” du nanovirus, et sujette à une évolution surprenante et inattendue. Cette partie du roman, écrite au présent, est redoutable de précision, d’inventivité et de réalisme. Les  caractéristiques intrinsèques de la bestiole sont exploitées au maximum, avec juste ce qu’il faut de fiction pour que le côté scientifique tienne la route. L’intelligence de l’auteur réside dans sa capacité à ne pas se laisser aller à l’anthropomorphisme. Leur manière de penser, de se comporter, de communiquer, de conceptualiser, reste typiquement arachnéenne. Les modifications apportées à leur ADN leur donnent l’impulsion nécessaire à une évolution rapide, mais le processus étant destiné initialement à des singes, les résulats sont surprenants. Le lecteur assiste donc, ébahi, à l’évolution d’une espèce très éloignée génétiquement de l’Humain. L’auteur crée une galerie de personnages assez réduite, mais illustre son propos par le biais de plusieurs lignées d’araignées, toutes naissant avec le Savoir de leurs ancêtres. Portia, chasseresse, guerrière, puis “arachnaute” (ahah !). Bianca, scientifique, chimiste, puis astronome. Fabian, mâle décoratif, puis symbole de la libération masculine.

Le Gilgamesh

L’autre partie du récit est consacrée au Gilgamesh, une arche transportant les derniers humains vers un hypothétique refuge. Lorsque celui-ci entre en scène, la Terre et ses nombreuses colonies ne sont plus qu’un lointain souvenir. Les instincts d’auto-destruction de l’Homme ayant eu raison de la civilisation.

Les araignées ont bien entamé leur évolution et acquis des Savoirs inédits. Avrana Kern, toujours dans son caisson de stase en orbite autour de sa planère verte, ignore tout de la tournure de son expérience. Mais ce qu’elle sait, c’est qu’aucun humain ne doit intervenir ni polluer son monde.

Les chapites dédiés au Gilgamesh et à sa population mettent en scène des personnages assez peu développés, de par le découpage à grande échelle temporelle, et l’action morcelée. L’intérêt est par conséquent assez inégal, la brièveté de ces chapitres est parfois frustrante. On assiste néanmoins à l’évolution globale d’une situation parmi une communauté de survivants, issus d’un peuple qui s’est auto-détruit. Il est donc intéressant de voir à quel point les travers qui ont mené à sa perte peuvent perdurer dans un tel contexte.  À la recherche quasi-désespérée d’un refuge, le Gilgamesh est contraint de faire une croix sur le monde de Kern. Du moins, dans un premier temps.

L’action s’étend  sur des siècles, les personnages étant sortis de leur hibernation à intervalles irréguliers pour intervenir sur leur progression. Leur évolution tend surtout vers la décrépitude malgré leur longévité artificielle, et contraste avec l’évolution des araignées, plus portée vers la construction et la sagesse.

Hommes & Araignées

Nous avons là un roman d’invasion extra-terrestre à l’envers. Ici, le peuple civilisé, presque attachant, et pour lequel on tremble après avoir assisté à son évolution, est un peuple d’araignées. L’envahisseur, en l’occurence, c’est nous, l’Humain qui colonise et détruit tout sur son passage, quand il ne soumet pas. On comprend à quel point l’Homme reste un animal, quelque soit son niveau d’évolution. De la même manière, l’araignée n’est pas exempte de défauts présents également chez l’Homme. Les deux espèces, qui diffèrent radicalement sur des aspects essentiels, ont malgré tout des travers communs.

Le dénouement est grandiose, je n’imaginais pas cette tournure, mais quelle merveille ! Néanmoins, l’interprétation est à double tranchant et je ne peux m’empêcher d’y voir un certain cynisme :

ATTENTION SPOILER: Clique si tu oses => Même pas peur !>

J’applaudis la traduction d’Henry-Luc Planchat, qui rend une écriture élégante, intelligente et bien pensée. Rien n’est laissé au hasard, rien n’est superflu. On pourra regretter (ou pas) le manque d’épaisseur des personnages ou le côté émotionnel quasi-absent. L’ambiance froide et clinique sert malgré tout le propos et étonnament, on s’attache au peuple de Portia. Et ce, malgré la taille tout à fait anormale et flippante de ses spécimens.

Arachnophobe, je pense à toi

Certains lecteurs pourraient être rebutés par l’idée d’un roman consacré à l’évolution fictive des araignées. Un vrai arachnophobe devra sans doute passer son chemin, la plume de Tchaikovsky étant particulièrement évocatrice. Pour ma part, je n’ai aucune sympathie pour ces bestioles moches, poilues, furtives, mesquines et sournoises avec des pattes partout mais cotoyer de près ces créatures ne m’a pas dérangée outre-mesure. J’ai tout de même fait un mini-AVC lorsqu’il a fallu visualiser une araignée en combinaison spatiale. Je ne m’en suis pas remise.

Luna 1 & 2

  • Auteur : Ian McDonald
  • Ma note :
  • Lu : mars 2018

luna nouvelle lune e1521366263862 - Luna 1 & 2

2110.

Sur une Lune où tout se vend, où tout s’achète, jusqu’aux sels minéraux contenus dans votre urine, et où la mort peut survenir à peu près à n’importe quel moment, Adrianna Corta est la dirigeante du plus récent des cinq «Dragons», ces familles à couteaux tirés qui règnent sur les colonies lunaires. Elle doit l’ascension météoritique de son organisation au commerce de l’Hélium-3. Mais Corta-Hélio possède de nombreux ennemis, et si Adrianna, au crépuscule de sa vie, veut léguer quelque chose à ses cinq enfants, il lui faudra se battre, et en retour ils devront se battre pour elle…

Car sur la Lune, ce nouveau Far West en pleine ruée vers l’or, tous les coups sont permis.

Développé en série télé par CBS, souvent comparé à Game of Thrones à cause de la brutalité de ses intrigues, récompensé par le Gaylactic Spectrum Award 2016, Luna est le premier volume d’une trilogie.

luna lune du loup e1521366429671 - Luna 1 & 2

Sur la Lune, deux ans après les événements qui ont précipité la chute de la famille Corta, les Mackenzie se sont approprié les restes de leur entreprise. Il n’y a donc plus que quatre «Dragons», ces consortiums familiaux qui se partagent l’exploitation des ressources lunaires et, donc, le pouvoir. Pourtant, les Mackenzie se déchirent sur les cadavres encore frais de leurs ennemis de toujours. Les Sun continuent, discrètement, à élaborer des plans visant à affaiblir leurs adversaires. Les Vorontsov vendent toujours leurs indispensables services au plus offrant. Et les Asamoah tentent tant bien que mal de préserver leur neutralité de façade. Mais le statu quo, même sous gravité réduite, n’est jamais acquis. D’autant que les rares survivants de la famille Corta – blessés, en fuite ou sous la protection d’autres Dragons – n’ont pas dit leur dernier mot.

Avec le deuxième tome de sa trilogie, Ian McDonald continue, sans temps mort, l’exploration minutieuse de sa colonie lunaire, nouveau Far West où tous les coups (bas) sont permis.

Mon avis

Ayant raté mon tour lors de la parution du tome 1, Luna : Nouvelle lune l’an dernier chez Denoël, je me suis rattrapée avec le tome 2, Lune du loup. Heureusement, j’ai pu faire entrer le premier tome dans ma PAL dans l’intervalle. J’ai donc pu lire les deux à la suite, traduits par Gilles Goullet.

Colonie lunaire

Au XXIIe siècle, la Lune est devenue une colonie industrielle puissante. Cinq familles se sont imposées comme les vraies dirigeantes de ce nouveau territoire. Ces cinq Dragons ont réinventé une société indépendante de la Terre, dépourvue de lois, de préjugés moraux, des carcans sociétaux qui régissent la vie des terriens. Sur la Lune, pas de lois, mais uniquement des contrats, âprement négiociés. Conflits de tout ordre, mariages, alliances et différends, rien n’échappent aux contrats.

Adrianna Corta est la matriarche, fondatrice de Corta Hélio, entreprise qui se consacre à l’extraction de l’hélium comme source d’énergie. Alors jeune arrivante, Adrianna a bâti son empire cinquante ans plut tôt, rejoignant ainsi le cercle fermé des “dragons”. Ses confessions sous forme de flashbacks ponctuent un récit dense, aux multiples points de vue, et nous révèlent avec parcimonie un but caché. Un objectif sur le long terme, connu d’elle seule, et qui restera en arrière-plan tout au long de ces deux premiers volumes.

une société cosmopolite réinventée

Nous faisons donc la connaissance de la famille Corta, ses coutumes et mœurs familiales, différentes des autres familles, d’origines diverses. Ces cinq dynasties sont issues de cultures variées, les Corta viennent du Brésil, les Sun de Chine, les Mackenzie sont australiens, les Asamoah ghanéens, et les Vorontsov sont russes. Si des alliances “naturelles” existent, d’autres sont contractées par souci de préserver une paix et une entente bien fragiles. Des inimitiés existent donc, tempérées par des mariages d’intérêt. Cet équilibre précaire est au centre de l’intrigue, peuplée de personnages hauts en couleur.

La narration n’est pas d’un abord facile. L’auteur est avare d’explication, il nous expose un monde nouveau, avec ses particularités, son vocabulaire cosmopolite, ses coutumes. Tout ceci, de même que le nombre de personnages, laisse le lecteur un peu perplexe. Le découpage est également déroutant de par son rytme saccadé. On passe facilement d’un point de vue à l’autre, d’une scène a priori anecdotique à l’autre. Le fil conducteur semble ainsi mis souvent de côté .

La lune se mérite !

Malgré cette première difficulté, la lecture devient rapidement immersive, on apprend à connaître les nombreux personnages, leurs motivations, leurs caractères. Le puzzle se met en place, l’action se développe autour de protagonistes calculateurs et sans scrupules. Vengeances, jalousie, coups de théâtre et catastrophes, tout y est. L’auteur imagine une société inédite, enfermée dans des infrastructures lunaires, avec ses contraintes, ses dangers permanents, mais pourvue d’une capacité d’adaptation hors normes. Pour un nouvel arrivant terrien, la lune c’est l’Enfer, alors qu’un homme de la lune ne pourrait pas survivre sur Terre, son corps étant inadapté à la gravité terrestre. L’aspect Hard SF est très présent mais subtil, l’auteur a tenu compte des contraines et des réalités de la physique pour raconter son histoire. Nul besoin d’entrer dans des exposés lourds et abscons.

Luna regorge d’idées, de concepts et d’inventions à tous les niveaux : politique, économie, société, famille, sexualité. L’action se met en place autour d’une intrigue qui évolue de manière détournée, non linéaire. Digressions et scènes secondaires diluent un récit pourtant dense, et renforcent le réalisme du propos. Les personnages n’en sont que plus vrais, plus attachants, ou détestables. L’environnement lunaire contribue à exacerber la fragilité de cette société qui dépend des relations entre les cinq familles. Le moindre différend peut se transformer en guerre ouverte et mettre en péril la colonie.

Pour conclure

Je ne connaissais pas Ian McDonald avant de lire Luna, la découverte me ravit ! Nul doute que j’attaquerai un autre de ses romans sous peu. Le troisième et dernier tome étant prévu pour 2019, il va donc falloir s’armer de patience pour le grand final.

Feuille de route #19

fdr 19 mini - Feuille de route #19 Depuis sa création en 2005 le rythme du blog est 1 livre = 1 billet.
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Vous ne trouverez donc ici que mes impressions de lecture jetées en vrac, le plus souvent à froid. Le rythme des publications de ce pense-bête est aussi irrégulier qu’aléatoire.


Sharko

sharko e1501939254269 - Feuille de route #19

  • Auteur : Franck Thilliez
  • Ma note :
  • Lu : mai 2017

Nouvelles aventures du couple Sharko-Hennebelle, qui s’est mis dans de beaux draps. Une situation inédite qui va mettre à l’épreuve la complicité et l’amour de nos deux héros. L’inconditionnelle de Thilliez que je suis n’a pas été déçue par cet épisode sombre et tendu d’un bout à l’autre. On prend plaisir à retrouver ces personnages désormais cultes (oui ! oui !) qui s’enfoncent dans une intrigue efficace et soutenue. L’auteur ne leur épargne pas grand-chose, et au lecteur non plus. Le suspens est toujours aussi maîtrisé, et la sournoiserie de l’auteur ne fait vraiment plus de doute. Non mais quel sadisme !

Les Orphelins de Windrasor : Entre les murs (épisode #1)

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  • Auteur : Paul Clément
  • Ma note :
  • Lu : juillet 2017

Je lis et suis actuellement deux auteurs auto-édités. Paul Clément est l’un d’eux. Après Les décharnés et Creuse la mort, le revoici dans un autre registre, bien que toujours horrifique et horrifiant. Un sombre château plus ou moins hanté, des adultes vilains-pas-beaux, des orphelins attachants voués à devenir de la chair à canon s’ils ne sont pas adoptés, un meurtre sanguinaire et de curieux événements qui mettent le château sens dessus dessous, voilà une bonne ambiance dès le premier épisode. L’auteur prévoit de sortir un épisode tous les 3-4 mois, le 5e étant donc prévu à l’automne. Oui, c’est long, mais c’est si bon. Je prévois un billet dédié aux quatre premiers épisodes, en attendant la suite.

Le Maître du Haut-Château

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  • Auteur : Philip K.Dick
  • Ma note:
  • Lu : juillet 2017

La sortie en poche de ce réputé chef-d’œuvre de Dick a été l’occasion de le découvrir. Cet auteur culte est dans ma PAL virtuelle depuis longtemps, sa réputation n’étant plus à faire. Je me suis donc ruée dessus avec enthousiame. Hélas, l’ennui m’a saisie assez rapidement, le récit étant à mon avis trop découpé et l’action trop dispersée pour maintenir mon attention et ma curiosité. Ma patience a atteint sa limite au tiers du roman. Je n’abandonne pourtant pas mon idée de découvrir K.Dick, mais ce coup-ci fut un coup pour rien, en ce qui me concerne.

Le nexus du Dr Erdmann

Le nexus du Docteur Erdmann e1501939633626 - Feuille de route #19

  • Auteur : Nancy Kress
  • Ma note :
  • Lu : juillet 2017

Autre découverte, toujours en SF, avec un roman de la collection Une Heure-Lumière chez Le Bélial’, toujours superbement illustrée par Aurélien Police. Suivant le principe de la collection, il s’agit ici d’un court roman. J’ai beaucoup aimé le petit monde de vieux mis en place par l’auteur. En peu de pages elle dresse des portraits attachants et variés de quelques retraités qui doivent faire face à d’inquiétant phénomènes. Le thème de la vieillesse aurait pu donner un roman bien plus llong et plus étoffé, l’aspect SF et la théorie de la super-conscience, et de ce côté-là on peut rester sur sa faim, néanmoins l’ensemble a été pour moi une très jolie découverte et je compte bien explorer le reste de son œuvre.

Tau Zéro

Tau Zero e1501939827115 - Feuille de route #19

  • Auteur : Poul Anderson
  • Ma note :
  • Lu : juillet 2017

Autre découverte là aussi, et pas des moindres. Pure hard science comme je l’aime. Publié en 1970 mais traduit seulement en 2012 chez Le Belial’, le roman fait un peu son âge. Mais pour l’ignare que je suis les subtilités et les aspects démodés de la chose me sont un peu passé au-dessus. Du coup, j’ai pu profiter de ma lecture sans tomber en état de choc, si ce n’est celui de l’émerveillement. Certes, certains propos m’ont paru un tantinet pointus, mais même à mon niveau le récit se lit tout seul, on suit les personnages avec plaisir et délectation dans leur périple incroyable, un voyage interstellaire absolument vertigineux.

Player One

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  • Auteur : Ernest Cline
  • Ma note :
  • Lu : juillet 2017

Gni ? La bande annonce du fim de Spielberg m’avait donné fortement envie de lire le livre. Las ! En guise d’hommage aux années 80 et à sa culture l’auteur nous livre sans complexe sa propre obsession pour cette époque, cataloguant les références dans tous les domaines, cinéma, jeux vidéo, télé, musique, en prenant le lecteur pour un poireau inculte. Le geek risque de se sentir insulté par un tel étalage explicatif, tandis que le lecteur qui a déjà le mauvais goût de ne pas l’être (geek) sentira une pointe de mépris et de condescendance pour son engeance. L’intrigue, un genre de quête inspirée des jeux vidéo, s’annonce aussi linéaire et basique que possible, les personnages n’ont pas la moindre substance et l’accumulation de références, sympathiques un bref moment, devient franchement pénible au-delà de vingt pages. Une écriture médiocre et une traduction du même niveau ont mis ma patience à rude épreuve. Un tiers du livre lu, ce sera tout pour moi.